Présentation

Dimanche 4 novembre 2007

    Adresse à retenir : le squat de la rue Saint-Maur inaugure régulièrement de nouvelles expositions. L’occasion de découvrir ce lieu chaleureux


    La nuit est tombée sur Paris. Loin de céder à la grisaille ambiante, la Petite Rockette s’éveille. Qu’est ce qui peut bien motiver tant de parisiens à pointer le bout du nez dehors, qui plus est par un lundi pluvieux ? Réponse : un endroit accueillant, une exposition intéressante.

    La Petite Rockette est un squat qui a ouvert ses portes en octobre 2005, rue Saint Maur (dans le 11e arrondissement de Paris), dans un bâtiment du Ministère des Finances. Il offre un toit et des ateliers aux artistes, et propose au public de voir le fruit de leurs travaux.

    Lundi 29 octobre, c’est le vernissage d’une exposition intitulée Jungle urbaine. Ils sont une dizaine à s’être penchés sur ce thème : graphistes, cinéastes, photographes, photoreporters, plasticiens… Les visiteurs offrent eux aussi des visages variés : jeunes ou moins jeunes, garçon ou fille, riches ou moins riches, dreadlocks ou boule à zéro… Un jeune couple est venu avec son enfant.  

    L’exposition, gratuite, offre des points de vue divers sur la question de la ville. Ces regards font écho au lieu lui-même : un endroit qui trouve sa place dans la jungle urbaine, tout en en refusant les codes.

Naima di Piero est à la fois photographe et cinéaste. Elle présente six photographies de Paris, a priori anodines. Jusqu’à ce que l’on remarque qu’à chaque fois, un dessin de fleur est collé dans le décor. Elle explique son projet : « J’ai eu envie de discuter avec des personnes qui étaient le plus confrontées à la jungle urbaine qu’est Paris. J’ai demandé à des personnes qui se sentaient menacées par la ville, des sans-papiers, des personnes âgées, des enfants…, de dessiner des fleurs. Ces fleurs, je les ai collées un peu partout pour embellir la ville, et je les ai prises en photo. La prochaine étape, c’est de revenir voir comment les fleurs évoluent, si elles laissent des traces ou si elles ont disparu dans la jungle urbaine… »

    Delphine Lenglen n’a pas eu besoin d’embellir la ville : elle l’a photographié comme elle la vit, « tutti frutti ». Sa série de photo colorée et vivante montre des détails sur lesquels on ne se penche pas toujours, passages piétons, mobilier urbain, plots de signalisation…

Lumieres vacillantes sur fond de musique


    Une petite salle est réservée à la vidéo. Le projecteur est posé sur un escabeau. Sur le mur, on voit la ville par petits bouts : des pieds d’enfants escaladant les colonnes de Buren, des rollers traversant une rue, un pan de vêtement africain coloré… Le film, lui aussi réalisé par Delphine Lenglen, donne à voir ce sur quoi notre regard parfois pressé, parfois blasé, ne s’arrête pas.

    La plupart des gens sont venus entre amis. Après avoir vu les quelques œuvres, passage obligé au bar. La salle est plongée dans le noir. Seules les petites bougies posées sur les tables diffusent une lumière vacillante. Les consommations - bière, jus de fruits, sangria… - sont gratuites. Le professeur de percussions joue du djembé. Un autre s’installe avec sa guitare. L’ambiance fait écho à la réflexion de l’un des artistes, qui s’interroge sur l’opposition courante entre ville et nature. La ville ne peut pas être, elle aussi, un lieu vivant, ou l’on trouve de la beauté ?

    Dehors, une petite cour attire les fumeurs en quête d’air frais. Des plantes, des peintures sur les murs. Des mobiles sont accrochés aux barreaux rouillés d’un escalier d’incendie. On s’échange l’adresse d’un restaurant qui vient d’ouvrir, rue de Ménilmontant.

    En journée, le squat propose également des cours, pour adultes ou enfants. Théâtre, danse ou percussions, c’est autour de cinq euros la séance. On peut louer des salles de réunions ou de répétitions pour un euro de l’heure. Le mercredi, une permanence de Médecins du Monde accueille les toxicomanes.
    La Petite Rockette est comme une jeune pousse au milieu de la jungle urbaine : elle occupe un immeuble sans payer de loyer, met l'art à la portée de tous... Mais elle rassemble des gens qui s'y sentent bien, et cela ce voit sur leurs visages.

Par Armelle - Publié dans : Institut français de presse - travaux rendus
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Commentaires

Shit.J'etais à Paris la semaine dernière et j'ai pas eu l'info.J'adore découvrir des lieux libres comme les squatts d'artistes.Excellent Blog...Merci
Commentaire n°1 posté par Kirlian06 le 08/12/2007 à 02h03
Réponse de Armelle le 08/12/2007 à 13h42

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