Vannes (56), festival Photo de mer. La photographe britannique a vécu 10 ans dans les Balkans et 4 ans à Istanbul. Elle en est revenue chargée de clichés.
Tout au long de son voyage autour de la mer noire, Vanessa Windship a ainsi capté des regards, des émotions... Ni grande fresque historique, ni voyeurisme. Pour ne pas violer l'intimité de ceux qu'elle attrapait dans son viseur, elle s'est constamment assurée de leur accord tacite. « J'ai besoin de savoir que je suis la bienvenue, que les gens acceptent ma présence. » La photographe a choisi cet horizon car, selon elle, « la mer est la seule vraie frontière. Les autres ne sont que des constructions artificielles de l'homme. »
« Entre chronique et fiction », Vanessa Windship raconte ses errances autour d'une mer « qui sépare et réunit à la fois » les peuples qui l'entourent. Elle a choisi le noir et blanc, car « je ne voulais pas montrer la vérité. Le monde n'est pas en noir et blanc. Ces photos témoignent d'un voyage très personnel. Ce sont mes souvenirs. Nous pourrions être n'importe où ! » Les légendes parlent de souvenirs, d'anecdotes. Elles ne précisent ni lieu, ni moment. « Nous sommes souvent hors du temps. Cette femme sur un quai de train, on dirait une autre époque ! » Sur les routes de Roumanie, de Turquie ou de Géorgie, on croise de nombreux regards mélancoliques. Il y a cette vendeuse de glaces, affublée d'un gros noeud sur la tête. « Elle est très belle, et très triste à la fois. J'ai pris cette photo car elle me rappelle la période où je vendais des glaces dans un cinéma ! »
Capter ces regards est pour beaucoup une question de chance. « Un jour, j'ai passé de longues heures sur la plage, à attendre. J'ai suivi un homme qui jouait de l'accordéon. Un groupe de gitanes l'a appelé pour qu'il vienne jouer vers elles, elles l'aguichaient. Lui était dans son monde, les yeux fermés. C'était un très beau moment. » L'imagination fait le reste. Que regardent ces deux enfants, sur un port, l'air ébahi ? « Dans mon esprit, ils regardent un gigantesque poisson préhistorique. En vrai, c'était un énorme bateau de croisière de luxe... »
De son voyage, la photographe a aussi ramené quelques objets, « d'inutiles morceaux de nostalgie ». Un jeu de cartes, des coquillages, des carnets... Des passeports ou cartes de séjour, également, où l'on voit une jeune femme se prêter en souriant au jeu du photographe photographié.
Pratique. « Mer noire », de Vanessa Windship, au musée de la Cohue, place Saint-Pierre à Vannes. Entrée libre, 7 jours sur 7, de 9 h à
19 h, jusqu'au 18 mai.
Le site de la photographe : http://www.vanessawinship.com/
Publié dans l'édition Vannes du Ouest-France daté du 18 avril 2008, et sur le site Internet wwww.vannes.maville.com
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partage sa maison de Sevran (en Seine-saint-Denis) avec ses trois enfants : Jasmine, Abel et Manon, âgés respectivement de 16, 7 et 6 ans. « Ils sont tous les trois très forts pour raconter des histoires », raconte-t-elle mi-amusée, mi-blasée. Dans la cour devant la maison, tortues et lapins se mêlent aux jouets des enfants. A l’intérieur règne un joyeux désordre. Les enfants s’amusent. Se disputent. La mère souriante et complice hausse soudain la voix. Des larmes. Elle en ri. « C’est en imitant ces larmes que j’ai appris à bien pleurer quand je raconte mes histoires ».
tables au comptoir, et jusqu’aux bibliothèques où vieux livres et bocaux prennent
du marin saoul?"), « There's whisky in the jar » ("Il y a du whisky dans la cruche")…
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